“Le coeur cousu” de Carole Martinez

8 07 2010

Écoutez, mes sœurs ! Écoutez cette rumeur qui emplit la nuit ! Écoutez… le bruit des mères ! Des choses sacrées se murmurent dans l’ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d’épices, magie et recettes se côtoient. Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le cœur. Leurs plaintes sont passées dans les soupes : larmes de lait, de sang, larmes épicées, saveurs salées, sucrées.  (…) Frasquita Carasco a dans son village du sud de l’Espagne une réputation de magicienne, ou de sorcière. Ses dons se transmettent aux vêtements qu’elle coud, aux objets qu’elle brode : les fleurs de tissu créées pour une robe de mariée sont tellement vivantes qu’elles faneront sous le regard jaloux des villageoises ; un éventail reproduit avec une telle perfection les ailes d’un papillon qu’il s’envolera par la fenêtre : le cœur de soie qu’elle cache sous le vêtement de la Madone menée en procession semble palpiter miraculeusement… Frasquita a été jouée et perdue par son mari lors d’un combat de coqs. Réprouvée par le village pour cet adultère, la voilà condamnée à l’errance à travers l’Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang, suivie de ses marmots eux aussi pourvus – ou accablés – de dons surnaturels…

Une histoire  qui balance entre le mystique et la réalité et touche le cœur et l’âme. Le parcours de Frasquita est honorable de courage,  il évoque les sentiments des uns et des autres avec justesse et simplicité rendant le roman bien vivant. Quel talent pour une premier œuvre  ! J’adore !

Coup de cœur de Christine

Vous trouverez ce livre à la bibliothèque de Véretz,  section Romans adultes,

cote R MAR





Laureline aime …”L’ombre du vent ” de Carlos Ruiz Zafon

20 07 2009

Laureline est de ces personnes que j’aimerais bien  rencontrer à force d’en entendre parler…amie d’une amie, nous échangeons depuis un temps des  conseils de lecture par personne interposée  .  Auteur de plusieurs livres sur Amélie Nothomb, elle tient un joli blog où elle livre ses pensées, ses passions , ses réflexions  … :     http://leslettresdelaurelineamanieux.blogspot.com/.

Elle nous envoie ici un commentaire sur un de ses livres préférés, merci Laureline !

51QHDJG2VHL._SL500_AA240_Je ne sais depuis combien d’années je n’étais pas restée enlacée jusqu’à l’aube avec un roman, sans un soupir de fatigue ; ce fut le cas avec L’ombre du vent, de Carlos Ruiz Zafon.

1945. Le jeune héros, Daniel Sempere, se réveille ; il a 11 ans, il ne se souvient plus du visage de sa mère morte du choléra quelques années plus tôt. Il est 5h du matin. Son père décide de l’emmener visiter un lieu étrange, le cimetière des Livres Oubliés. C’est un rite de père en fils. Comme le père est libraire, il transmet à son fils son amour du livre. A l’intérieur du cimetière, Daniel doit choisir un livre et l’adopter pour sa vie entière. Justement, un livre semble l’appeler : L’ombre du Vent. Auteur inconnu : Julian Carax. Le héros se lance sur les traces de ce mystérieux auteur qui l’entraînera dans les secrets épais d’autres vies et plus encore, celui de la Vie.

Voilà un roman qui n’a été tout d’abord promotionné ni par les libraires ni par les grands distributeurs ni par les journalistes. Il n’est devenu un phénomène pour une seule raison : la passion des lecteurs. Maintenant, on le trouve dans toutes les librairies. Et pour cause. Qu’on ait lu ou pas Les Mystères de Paris d’Eugène Sue (délicieux, vraiment, si, si), on se plonge avec palpitation dans ces Mystères de Barcelone qui s’aventurent sur les toits et dans les ruelles des vieux quartiers, aux temps douloureux de la guerre espagnole et de Franco (mais Paris apparaît aussi). Une vengeance qui traverse une vie entière, un deuil qui ne peut se faire, de jeunes amours qui peut-être finiront dans le sang… l’héritage du roman feuilleton et gothique éclate à chaque page, qu’on tourne sans respirer ou presque.

Puis revient ce rite une fois, deux fois encore pour que jamais un livre -si peu lu soit-il- ne tombe dans l’oubli. Et à sa suite, on se demande comment on va transmettre à nos enfants ce qui nous est le plus cher ; ce qui peut, par un petit rite, donner la conscience qu’ils ont désormais grandi et qu’ils sont capable de leur propre vie.

Coup de cœur de Laureline

Vous trouverez ce livre à la bibliothèque de Véretz, section adultes, cote R RUI, ainsi que “Les mystères de Paris” d’Eugène Sue, cote R SUE








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